Ce qui change pour le job étudiant à 15 ans en Belgique
Avant cette évolution, un jeune de 15 ans pouvait déjà travailler comme étudiant s’il n’était plus soumis à l’obligation scolaire à temps plein, c’est-à-dire notamment s’il avait suivi les deux premières années de l’enseignement secondaire. Désormais, cette condition est assouplie : un jeune de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein peut aussi conclure un contrat étudiant, mais uniquement pour des travaux légers.
L’arrêté royal du 19 avril 2026, publié le 4 mai 2026, définit ces travaux légers. La mesure entre en vigueur le 14 mai 2026, soit dix jours après cette publication.
Concrètement, cela ne signifie pas qu’un étudiant de 15 ans peut être intégré comme aide-électricien sur chantier. Dans le secteur de l’électrotechnique, l’employeur doit distinguer les tâches réellement légères des activités techniques exposant à des risques électriques, mécaniques, physiques ou organisationnels.
Quels travaux légers dans une entreprise électrotechnique ?
Les travaux autorisés pour les jeunes de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein sont des travaux non industriels de nature légère, ne nécessitant pas de formation spécifique et ne s’effectuant pas avec ou sur des équipements de travail mécaniques. La liste comprend notamment l’aide à l’accueil, le réassort, l’assistance à la vente dans le commerce de détail, certaines tâches logistiques simples, des tâches légères de nettoyage et, dans le secteur des soins, la distribution ou le débarrassage de repas et boissons.
Dans une entreprise cela peut par exemple viser :
- l’accueil de clients ou de fournisseurs ;
- le classement de documents administratifs ;
- l’étiquetage de petites fournitures non dangereuses ;
- la préparation simple de dossiers ou bons de livraison ;
- le rangement léger d’un showroom ;
- l’aide au réassort d’articles en magasin, hors machines et produits dangereux ;
- le nettoyage léger de bureaux ou de petits espaces.
À l’inverse, il faut éviter toute affectation à des travaux électriques, à l’utilisation d’outillage électroportatif, à des interventions sur chantier, à la manutention lourde, au travail en hauteur, au câblage sous contrainte, aux tableaux électriques ou à toute activité nécessitant une formation technique ou de sécurité spécifique.
Sécurité des jeunes travailleurs : le point crucial pour les électriciens
Le SPF Emploi rappelle que l’employeur doit réaliser une analyse des risques avant le début du travail d’un jeune, en tenant compte de son manque d’expérience, de son attention parfois insuffisante à la sécurité et de son développement encore en cours. Cette analyse doit être renouvelée chaque année et lors d’une modification du poste.
Les jeunes ne peuvent pas effectuer de travaux dangereux. Sont notamment visés les travaux dépassant leurs capacités physiques ou psychologiques, les activités impliquant des risques d’accident difficiles à identifier en raison du manque d’expérience, l’exposition à des agents toxiques ou cancérigènes, aux rayonnements ionisants, au froid, à la chaleur, au bruit ou aux vibrations.
Pour une entreprise électrotechnique, cela impose une règle simple : un étudiant de 15 ans peut aider autour de l’activité, mais ne doit pas être placé au cœur du risque technique.
Durée du travail, repos et limites horaires
Les protections spécifiques sont également strictes. Pour les jeunes de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein, le travail effectué pendant une période scolaire est limité à 2 heures par jour d’école et 12 heures par semaine. Pendant une période d’au moins une semaine sans activité scolaire, la limite générale est de 8 heures par jour et 40 heures par semaine.
Le travail de nuit est interdit entre 20 h et 6 h, les heures supplémentaires sont interdites, et le repos entre deux journées de travail doit atteindre au moins 14 heures consécutives. Une pause de 30 minutes est requise après 4 h 30 de travail, et une pause d’une heure est prévue lorsque la journée dépasse 6 heures.
Ces limites doivent être intégrées dans le planning dès le départ, surtout si l’étudiant travaille aussi pour d’autres employeurs.
Contrat étudiant, quota de 650 heures et obligations administratives
Comme pour les autres étudiants, un contrat d’étudiant est nécessaire. Côté cotisations sociales, l’ONSS indique que les 650 premières heures de travail étudiant par année bénéficient de cotisations de solidarité réduites : 5,42 % pour l’employeur et 2,71 % pour l’étudiant. Au-delà de ce quota, les cotisations sociales normales s’appliquent.
L’employeur peut demander à l’étudiant une attestation Student at work afin de vérifier le solde d’heures encore disponible avant l’engagement. Cette vérification est particulièrement utile, car un étudiant peut prester chez plusieurs employeurs.
Avant d’engager un étudiant mineur, les membres d’ELOYA ont intérêt à vérifier le contrat, le planning, les tâches confiées et les règles sectorielles afin d’éviter toute erreur administrative ou de prévention.
Conclusion
Le travail étudiant dès 15 ans peut être une solution intéressante pour les entrepreneurs électrotechniques : soutien administratif, aide logistique légère, accueil, réassort ou rangement. Mais il ne doit pas être confondu avec une aide technique sur chantier ou en atelier.
Pour rester conforme, retenez trois principes : confier uniquement des travaux légers, réaliser une analyse des risques adaptée et respecter strictement les limites horaires. Dans un secteur où la sécurité est centrale, cette prudence protège à la fois le jeune, l’entreprise et la réputation professionnelle de l’employeur.
